Un week-end chez les fous
Du flou de certains concepts opératoires
Je ne sais plus trop ce qui a amené le sujet, mais je me suis retrouvée l’autre jour à décréter à Fille Aînée d’un ton sérieux (pompeux?): “Tu sais, il y a beaucoup de faim dans le monde.”
Père indigne a renchéri: “Oui, imagine-toi que plusieurs personnes ont faim dans le monde à l’heure actuelle.”
Le commentaire de Fille Aînée? “Mais oui, je sais! D’ailleurs, j’ai moi-même faim présentement.”
***
Pan! dans les gencives
Fille Aînée, contemplant une photo d’elle : J’aime bien cette photo.
Moi, dans une humeur déconnatoire : Rhâ, j’aime bien cette photo de mouâ!
Fille Aînée, pas moins folle qu’une autre : Rhââââ! J’adeuuuure cette photo!!!
Moi : Houuuuu, photo, je t’âhêêême!
Fille Aînée : Tu es mon amooooooour, photo de mon coeurrrrr!
Moi : Bisous, bisous, bisous, photo!
Fille Aînée : Je t’aime tellement, photoooo, que je veux faire le sexe avec toi!
Moi : !!!
Fille Aînée : Hé hé hé.
Moi : Que, que, que…
Fille Aînée : Ben non Maman, c’t’une blague.
***
Comment sensibiliser inefficacement un enfant à la propriété intellectuelle
Fille Aînée : Papa, si tu avais une grenouille, comment tu l’appellerais?
Père indigne : Heu, laisse-moi réfléchir… Kermit?
Fille Aînée (qui ne connaît pas Kermit la grenouille) : Ah bon? Pourquoi?
Père indigne : Parce qu’il me semble que c’est un bon nom pour une grenouille. Et c’est original.
De ma part, une levée d’yeux au ciel qui frôlait la perfection.
***
Comment développer un imaginaire tordu chez votre enfant
Moi : Es-tu contente d’avoir un petit bébé sœur?
Fille Aînée : Oui!!! Mais c’est sûr que c’est un « bébé », je veux dire un bébé humain.
Père indigne : Peut-être aurais-tu aimé avoir une sœur crocodile?
Fille Aînée : Humpf!
Moi : En tout cas, tu n’aurais pas voulu prendre ton bain avec elle. (Silence songeur.) Et moi je n’aurais pas voulu être enceinte d’un bébé crocodile, j’aurais eu peur qu’il me mange de l’intérieur.
Silence.
Père indigne : Jeeze. JEEZE. Mon amour, parfois, tu me fais peur.
Autre silence.
Père indigne : J’espère que tu vas mettre ça sur ton blogue?
21 mai 2006 at 12:55
hehe tu me fais rire a chaque fois !
21 mai 2006 at 13:48
Encore! Encore! Ah oui, c’est bon!
Mais non, je ne suis pas cochonne, je ri!
21 mai 2006 at 16:18
Fille Aînée promet d’offrir une belle relève à Mère indigne!
21 mai 2006 at 23:31
Trop drôle
Je n’arrive d’ailleurs pas à décider qui, de Kermit, faire le sexe, ou le bébé crocodile me fait le plus rire, les trois je crois!
22 mai 2006 at 0:48
Très en accord avec mamounia! Les trois sont tordants!
22 mai 2006 at 11:45
Je vous l’ai dit, mère indigne! Attention à ces histoires de «Il y a des gens qui ont faim dans le monde!» Je vous avais bien parlé d’une anecdote à moi sur ce sujet… vous l’avez gagnée!
Âgé de 4 ans, bientôt 5, ma mère me traînait plus fréquemment au marché. Un jour, je l’asticotai sérieusement dans le seul but d’avoir des raisins rouges car, jusqu’à présent, je n’avais connu que les verts. Ma mère ayant déjà identifié chez moi mon futur caractère d’acheteur compulsif, refusa avec force. Je la fis pourtant craquer (une des rares fois, je l’avoue) pour les fameux raisins (c’était pas des jouets, quand même!).
De retour à la maison, je me garochai sur le petit sac en plastique et en enfournai quelques-uns dans ma bouche… Horreur et damnation! Amers, noyaux… beuuurk! «Alors, ils sont bons, tes raisins?» Devant le ton d’une mère qui se félicite d’avoir pu faire plaisir à son gosse, ce dernier capitule et répond, en tassant les infectes raisins dans sa bajoue, «Miam! Merci!»… Puis va les cracher en cachette dans les toilettes.
La semaine qui suivit fut très dure pour ces fruits qui furent rejetés sans cesse. Chaque fois que maman les proposait, garçon trouvait une excuse plausible. Or, un jour après le souper, ils atterrirent dans un bol. «C’est ton dessert.» dit maman. Ce n’était plus la maman des jours heureux, mais celle qui a fini par découvrir que vous vous étiez moqué d’elle et qui vous attend avec une leçon en poche. Les yeux piteux, mouillés de larmes, ma bouche grimaçante lui répond que «peux pas», «maman, noooon!», «pas bon». Et alors elle sortira cette phrase, LA phrase qui serait la source d’un cauchemard familial pour les semaines à venir: «Tu sais, Marc-Antoine, il y a des enfants dans le monde qui n’ont même pas ta chance d’avoir trois repas par jour. Pense-s’y la prochaine fois!» Et se disant, elle jeta les raisins.
Le lendemain matin, aux petites heures, j’étais dehors à jouer avec le chien, parents somnolant encore. Je découvris alors, sur le bord de notre allée, nos sacs à déchets qui avaient été éventrés par une quelconque bête en quête de (raisins) nourriture. Et je vis, LA vision: mes raisins, coincés dans ce sac. La phrase de ma mère revint en force et je fus pris d’un remords fulgurant. Alors, de mes petites mains et avec toute la force de mes 4 ans, je tirai les deux sacs de déchets dans la cour et les cachai derrière notre cabanon, les dissimulant ainsi à la face du monde qui pourrait me juger et mettant un faux baume sur ma honte.
Malheureusement, l’aventure ne s’arrête pas là. Car chez moi, on ne me forçait jamais à manger toute mon assiette. Chaque repas fut donc une suite de restes de table honteux mis à la poubelle. Pendant les deux semaines qui suivirent, je n’eus d’autre choix que de subtiliser les autres vidanges et les mettre avec leurs consoeurs derrière le cabanon.
Nous étions l’été. L’arrière de notre cabanon donnait sur la haie de cèdres qui nous séparait du voisin. Derrière cette haie, côté voisin, il y avait sa piscine. Ledit voisin débarqua donc un après-midi et lâcha à mon père: «Coudonc, Mauzerolle! Ça sent mauvais en ta’ dans ton coin de cour!» Papa, maman et voisin s’y rendirent et tombèrent avec stupeur sur cette «mini-dompe» odorante. Je vous fait grâce des jurons de mon père qui eut à remettre toute cette merde au chemin pendant que je pleurais dans mon carré de sable, mon terrible secret dévoilé au monde entier.
Vous croyez que c’est fini? PANTOUTE! Je ne fis rien le lendemain - pas assez cave pour me faire pogner. Je ne fis rien de toute la semaine, me détournant seulement chaque fois que les restes de table prenaient le chemin du «chemin». La semaine suivante cependant, je repris mon manège… mais fus intercepté la première fois par ma mère, à 5h00 du matin en robe de nuit diaphane bleue.
«Marc-Antoine!!! Qu’est-ce que tu fais???» (horrifiée)
«J’AI HONTE, MAMAN! J’AI HONTE!»
(braillant comme un veau)
Attention à cette phrase donc!
22 mai 2006 at 11:51
Faire le sexe à un bébé crocodile dans un bain, c’est un peu à l’étroit !
22 mai 2006 at 12:30
je raconte une histoire de mere indigne aujourd hui, si ca te dis va voir L)
22 mai 2006 at 15:42
Marc-Antoine: Pauvre toi! Je ris, mais honnêtement, je suis toute apitoyée sur ton sort de petit garçon… As-tu mangé des raisins rouges depuis?
Patrick: Encore tes problèmes de lecture?
auréus: effectivement, ton histoire est vraiment drôle!