Moments forts
En Abitibi, il y a les mines, le refuge Pageau, le parc d’Aiguebelle et tout et tout, c’était génial, mais pas indigne. Alors je ne vous en parle pas.
Mais pour vous, j’ai quand même retenu de nos vacances ces deux épisodes:
Les aventures d’un Pitou Chantant
Nos amis Abitibiens sont les heureux parents d’une charmante fillette et d’un toutou animé (oui, nous sommes sur un filon toutou. Il y a des semaines comme ça). Vous savez, le type de peluche qui se met à sautiller et à chanter lorsqu’on appuie inconsidérément sur une partie quelconque de son anatomie? En vente dans toutes les bonnes pharmacies avec prescription automatique d’antidépresseurs?
Ce toutou en particulier, un chien vaguement labradorien vêtu d’un ciré jaune et tenant à la main un parapluie, était du genre à entonner “Singing in the Rain” à la moindre provocation. Il avait la voix avantageuse de Gene Kelly mais, ses batteries commençant à avoir vécu leur vie, Pitou Chantant parsemait sa mélodie de hululements angoissés. J’adorais Pitou Chantant et profitais de la moindre occasion pour aller lui serrer la patte, déclenchant ainsi son babil enchanteur.
Ce à quoi je n’avais pas pensé, c’est que nos amis, eux, détestent le toutou. Et même, détester, le mot est faible. Eux enfermés dans une salle de bain avec Pitou Chantant, des ciseaux, un marteau et des allumettes, je vous garantit que l’animal n’en ressort pas autrement que par le trou de la cuvette.
Remarquez, j’aurais dû m’en douter, moi dont l’ennemi juré est un nounours sifflant et tambourinant pour lequel j’ai payé un prix d’or chez Hamley’s. À quoi imputer cet achat psychotique? Est-ce la faute du fog londonnien? De l’abus de Fish & Chips? Des deux? Quoi qu’il en soit, Nounours Tambourinant sévit à la maison depuis presque deux ans et c’est à peine si ses batteries montrent le début d’un fléchissement. Ça vous donne une idée du temps écoulé depuis que Pitou Chantant, plus très fringuant, a commencé ses frasques. Immémorial.
Et moi qui lui serrait la pa-patte. Et qui lui serrait à nouveau la pa-patte. Et une autre p’tite fois. Et encore. Et encore.
Et ce n’est pas tout. Que je te fredonne en choeur, de ma voix de fausset ravi, des “Toutoutoudoudou, toutoutoudoudou, I’m siiiiiiinging in the rain, I’m SIIIIIIINNNNNGING IN THE RAIN!…”
Jusqu’à ce qu’au milieu d’un souper, alors que j’avais envie d’une ambiance musicale et que tiens!, justement!, Pitou Chantant était à portée de main, je surprenne le regard que s’échangèrent nos hôtes. Appelez-moi Gary Kurtz, mais leurs pensées me sont apparues claires comme de l’eau de roche: “Coudonc, va-t-elle s’arrêter un jour, goddammit!?”
J’ai arrêté, jetant tout de même de temps à autre un regard languide vers la mélodieuse bête qui m’avait procuré tant de bonheur.
J’ai arrêté, mais quand même, lorsque nous sommes repartis, j’ai cru déceler davantage que la marque de l’hospitalité la plus sincère dans les au-revoirs enthousiastes de nos amis. J’ai senti, appelez-moi Gary Kurtz, comme un certain soulagement.
Sûrement mon imagination qui me jouait des tours.
***
L’épicière s’amuse
Une expédition au supermarché s’avérant nécessaire, nos hommes s’arment d’un sac à dos ainsi que des précieux conseils de leurs épouses:
Mère indigne — Chéri, la petite a les fesses rouges. Peux-tu ramener du Zincofax ou de la Vaseline, s’il-te-plaît?
Chère Amie — On a aussi besoin de fruits et de légumes.
Père indigne et Cher Ami — OK, les filles, on est partis.
Ils sont partis.
Ils sont revenus.
Père indigne — Ça la fout mal.
Cher Ami — Tu parles.
Mère indigne et Chère Amie — Pourquoi? Qu’est-ce qui s’est passé?
Père indigne — Deux gars qui se pointent ensemble à l’épicerie et qui déposent sur le tapis de caisse, dans l’ordre, des bananes, des concombres, des zucchinis et de la Vaseline, ça la fout très mal.
Silence. Puis:
Mère indigne et Chère Amie — Pffffouhahahahaha!
Blagues et badinage bon enfant s’ensuivirent, mais… appelez-moi Gary Kurtz… quand nous sommes partis, j’ai cru sentir chez ces messieurs comme un certain soulagement.
Sûrement mon imagination qui me jouait des tours…
15 août 2006 at 22:42
t’as vu les hommes de la ville? ils étaient pas mal pourtant… 2 autres de perdus
15 août 2006 at 22:42
J’imagine d’ici le visage de la caissière.. mourrant!!!
16 août 2006 at 0:01
Je ne voudrais pas jouer les trouble-fête, ici, mais l’épithète semble mal choisi. «Ça la fout très mal» est désenchanteur pour le verbe. Au contraire, «ça la fout tout en douceur» aurait été préférable. J’dis pas s’il y a avait eu acte manqué pour la vaseline…
;-)
Et Jean-Louis, dans tout ça ?
re;-)
16 août 2006 at 6:02
excellent
je comprend tes amis, je pense même qu’à leur place je t’aurais viré tes batteries à toi, non mais oh!
pour le coup du supermarché, mouarf mouarf, c’est trop fort, j’en ris encore!
16 août 2006 at 7:13
Moukmouk: ça reste entre nous, mais le vendeur au kiosque de miel du marché de Rouyn, samedi matin, était vraiment très cute!
Intellex: ils n’avaient pas une vision aussi zen des choses… Et Jean-Louis qui ne donne plus signe de vie; il se méfie de notre jardin où les courges sont prometteuses?
angel: mes batteries sont à plat depuis un boutte!
orkyday: Je pense que nos hommes ont payé très très vite!
16 août 2006 at 7:46
Génial !!!!
Enfin bon, comme d’habituuuuuuuuuuude (non non, on ne m’a pas appuyé sur la papatte)
Et le nouveau look est très joli, je l’aime bien comme ça.
16 août 2006 at 7:59
J’avais acheté un “Furby” dans le temps à fille aînée. Adorable petite bête qui est revenu à la mode l’an passé. Cette charmante bestioles s’appercevait toujours de nuit que les batteries étaient sur la fin et, d’une voie nasillarde nous énonçait: “Hummm! Moi veut doooormir encore! (bruit de ronflement)”. On l’entendait même au fond de la salle de bain sous l’oreiller!
16 août 2006 at 8:19
Bonjour Gary Kurtz! (Tu insistais tellement!)
16 août 2006 at 8:47
J’essaie de suivre mais je dois me rendre à l’évidence, une chose essentielle m’échappe : est-ce qu’un toutou est bien l’équivalent d’un doudou français ?
Pour la vaseline ouffff j’ai suivi. L’honneur est sauf, le mien en tout cas à l’instant.
16 août 2006 at 9:05
Commère: Un toutou ici, c’est une peluche chez vous. Avec cette info, tout devrait rentrer dans l’ordre!
Éric: Je *savais* que tu allais écrire ça… (insérer une musique planante ici)
Bibitte: C’est fou comme le son de ces machins porte, hein?
16 août 2006 at 9:11
Je me méfierais dans le temps des fêtes, si vous recevez un colis anonyme… qui sait si son contenu ne sera pas un petit chien vaguement labradorien avec son parapluie qui poussera sa note… et en Abitibi, dans une certaine maison, deux parents qui prennent un verre à votre santé (avec surement un petit rire satanique !!!).
16 août 2006 at 9:14
nous la voiture qui fait de la musique, elle commence à nous sortir par les yeux aussi. mais bon, je m’autoflagelle, parce que c’est moi qui l’ai choisie pour mon dindonneau, alors je me dis “tant pis pour toi”. en plus il y a environ 12 mélodies différentes, jamais dans le même ordre, donc c’est pas trop pire.
par contre, y’a un toutou *cadeau* (= de quelqu’un d’autre) avec juste 3 mélodies (tronquées) de noël à 1 seule voix électroniquissime, c’est horrrrrible. je pense à part moi que ça vient d’un dollarama… mais le dindonneau adore. alors à part lui faire croire que c’est cassé en espérant qu’il n’appuie pas par hasard sur le bon endroit du ventre de la bête, c’est difficile de s’en défaire.
16 août 2006 at 9:27
Parmi les cadeaux que ma délicieuse belle-mère a offerts à mon plus jeune fils, il y a eu ce désormais célèbre “Chien vivant”, qui devait, si on se fie à l’emballage, comprendre quatre langues, oui madame, quatre langues, et obéir - en quatre langues - aux consignes: “Marche!” et “Assis!”.
Eh bien, c’est vraiment un vrai chien vivant: peu importe la langue, il fait systématiquement le contraire de ce qu’on lui ordonne.
Mieux encore: il se met à japper au moindre stimuli… genre quand tout le monde dort, au beau milieu de la nuit. Un vrai chien, je vous dis! Heureusement, il a un bouton on/off. Et ça, les vrais chiens n’en ont pas.
16 août 2006 at 10:41
Bien sur les “toutous vivants” sont une plaie de nous jours. Mais il ne faut pas négliger tous ces autres jouets sonores. Mon cousin avait un casque de pompier avec une lumière dessus. Une fois allumé la dite lumière s’accompagnait de la douce mélodie d’un camion de pompier, avec autant de décibels que si le-dit camion était à côté. Inutile de mentionner que ce n’était pas un cadeau de la part des parents!
16 août 2006 at 10:41
Si je comprends bien, je ne fais pas un saut chez Hamley’s si je veux te dénicher un petit cadeau? Du thé fera l’affaire, voire, un magnifique et si silencieux aimant de frigo représentant un autobus à deux étages rouge?
16 août 2006 at 11:45
ni les belle-mères…
16 août 2006 at 12:14
Hahahahahahah! Ayant déjà été caissière moi-même, je peux très bien imaginer ce qui s’est passé dans la tête de la caissière!!!!
hahahahahah!
16 août 2006 at 12:45
J’adore le … ni les belles mères!
16 août 2006 at 14:59
oufff pauvre petit chien chanteant.
Concernant les Furby, j’en connais un qui a passé à un cheveux de finir sur le bord de l’autoroute. Ma cousine en avait eu un le 24 décembre chez sa mère. Elle l’a apporté avec chez ma grand-mère le 25. Le problème c’est que le maudit Furby a parler toute le long de l’Ouest de l’ile de Montréal jusqu’à Drumondville… Et il a également parler tout le long du retour dès que mon oncle roulait sur une bosse. Ma tante n’était plus capable de l’acheter.
Pour ma part, lorsque je fais un cadeau, je me pose toujours la question “Si c’était mes enfants, est-ce que j’aimerais qu’ils jouent avec ça?” Donc on élimine tout ce qui fait du bruit et tout ce qui a des piles.
16 août 2006 at 15:10
à part les mecs, comment as-tu trouvé mon coin de pays? si tu es allée au parc d’aiguebelle, et je suppose que oui, tu es passé par mon village natal de 500 âmes; cléricy (la pancarte à l’entrée du village est en forme de bateau).
17 août 2006 at 11:02
Super ce nouveau header… J’adore!
17 août 2006 at 11:31
Super la nouvelle banière !!!
17 août 2006 at 12:08
Il semble que mon détecteur de spam soit un tantinet sévère puisque certains commentaires ont été supprimés alors qu’ils parvenaient de quelques-uns de mes très chers lecteurs! On va essayer de lui radoucir le caractère…
17 août 2006 at 13:32
Ah, je me demandais ce qui me valait cet ostracisme sauvage. Je jure que je n’ai aucun lien de parenté de près ou de loin avec Eugénie …..
17 août 2006 at 13:46
Désolée Laurie! Cet ostracisme se déroulait à mon insu… C’est ça quand on engage de nouveaux doormen; des fois, il faut les roder!
17 août 2006 at 17:40
Isa: mais j’aimerais ça l’avoir, moi, le Pitou!
dodinette: quand on les achète soi-même, c’est un tantinet moins pire, psychologiquement…
catherine: Je pense que les vrais de vrais chiens obéissent quand même un peu mieux!
isapooh: un questionnement de réglé: oui, les caissières remarquent…
caroline à londres: les parents ont TOUJOURS besoin d’aimants de frigo, surtout quand les enfants commencent l’école!! Et j’aimais tellement les bus rouges… Considère la commande passée!
sassenach: tu oublies les amis qu’on aime taquiner… “Qu’est-ce que j’achèterais bien pour les faire damner!…”
chris: malheureusement non, on n’a pas été par chez vous. On aurait dû rester un jour de plus pour pouvoir le faire. La prochaine fois!
chroniques: moi aussi…!
orkyday et nap: merci!
17 août 2006 at 21:45
Ces fameux toutous qui parlent/chantent/dansent…je me fais une joie, au magasin, de tous les actionner en passant…et là je ris
Mais je n’en veux plus un seul dans ma maison!!! Ma fille a eu Cooda (Ou Koda, bref, le petit ours dans le film Mon frère l’ours) et il n’y a pas de piton on/off…on pèse sur l’oreille, il parle, mais le mieux…il RÉPOND!!! Pendant un certain laps de temps, il réagit aux bruits extérieurs et la bâtard, il nous répond…je ne sais pas d’ailleurs pourquoi je n’ai pas encore expédié le toutou chez le père de ma fille (ooohhh la méchante hahaha!!!)
18 août 2006 at 7:05
Petit commentaire concernant ton nouveau, nouveau look! C’est génial le toutou à la place de la limette! Ca donne le ton du blog dès le début!
Belle amélioration!
18 août 2006 at 10:42
Je viens de découvrir ce blogue….
Génial! J’adooore l’écriture. Bravo!
Une maman qui est maintenant déculpalisée lorsqu’un toutou (qui ne tenait pas une place importante au coeur de ses chérubins , bien entendu) “disparaît” pour une promenade….
19 août 2006 at 15:00
lorsque tu auras traversé le pont suspendu (on le voit sur la photo du site du parc aiguebelle dont tu as mis le lien dans ton post), descendu et remonté l’escalier hélicoïdale (en colimaçon) le long de sa falaise et eu la chienne de ta vie en haut de la tour des garde-feu, tu vas te dire que tu aurais VRAIMENT dû prendre une journée de plus pour visiter le parc d’aiguebelle!
19 août 2006 at 15:03
en passant, on peut visiter la mine noranda à rouyn, aussi.
20 août 2006 at 9:55
chris: on ne manquera pas le parc la prochaine fois! Et Bébé sera plus grande, ça sera mieux.
bécassine: bienvenue!
21 août 2006 at 20:51
allô, c’est encore moi.
juste un petit mot pour te donner le lien vers un petit vidéo réalisé par un couple de l’abitibi au parc d’aiguebelle, pour te donner un petit aperçu de ce que vous avez manqué.
http://www.youtube.com/watch?v=QtTHXS8-XBg
26 août 2006 at 20:24
C’est pas grave, mère indigne.
Tiens, ça me fait réaliser. Je n’ai pas entendu la dite-chanson depuis votre départ. Aurais-tu discrètement subtilisé singing-toutou? À moins que Charmante Fillette elle-même n’ait atteint son quota de “Singing in the…”? Hmmm! Serait-ce un antidote?!
Quand reviens-tu? On a aussi 3 pianos en plastique et un Caillou chantant…