Nous on est dans le vent

Maintenant que Bébé va à la garderie, j’ai redécouvert l’infini bonheur de frôler la mort en contemplant les affiches publicitaires sur la route (au lieu de frôler la mort en essayant de reploguer la susuce manquante).

Ce que je découvre sur ces merveilles de design me laisse pantoise.

Avez-vous remarqué? On dirait qu’il faut absolument que les madames soient photographiées dans un courant d’air. Et je ne parle pas des humanoïdes qu’on fabrique pour annoncer des shampoings. (Quoi, ce ne sont pas des robots? Ah bon.) Je parle en fait des animatrices radio et télé.

D’abord, il y a Christiane Charette, la couette savamment caressée par une masse d’air chaud de moyenne intensité (à voir son sourire, il doit s’agir d’air chaud). Ensuite, Marie-France Bazzo qui, je le sais juste à la manière dont son toupet se soulève par en-dessous, doit camoufler un petit ventilateur portable dans sa camisole. Et depuis quelques jours, Anne-Marie Withenshaw aussi se fait aller l’Herbal Essence au-dessus d’un coquin déshabillé vert bordé de dentelle. (Ce n’est pas un déshabillé? Vous m’en direz tant.) D’ailleurs, en allant jouer à reporter sans frontières sur le site de l’émission Flash, voilà-t-y pas que j’y trouve Anne-Marie et ses collègues en plein ouragan Katrina.

Un mot, une question, une angoisse: Pourquoi?

Ah, mais bien sûr. On anime des émissions, on veut faire accroire qu’on est au courant. On veut signaler au public qu’on est dans le vent. On peut renifler le scoop de loin; en fait, il vient à nous, porté par la brise du changement.

Tout cela est fort joli, mesdames, mais cette nouvelle posture propice aux rhumes et autres maux de gorge pose quelques problèmes d’éthique.

D’abord, c’est de la fausse représentation. Dans vos studios climatisés, jamais on ne verra un seul cheveu qui dépasse, j’en mettrais ma tresse au feu.

Et puis, plus grave, vous serez peut-être à l’origine d’une guerre des sexes avec vos collègues masculins. Car, le cheveu collé au crâne, pas de danger que la carrière de monsieur décolle. Alors que vous, votre message est clair: “Je peux tout faire. Je suis flexible jusqu’à la racine du cheveu. Si vous voulez, je vais de ce pas interviewer le Pape au Vatican — avec des vents favorables, je peux y aller rien qu’en me positionnant comme il faut à partir du mat du stade. Les gars? Ils pourront toujours me faire des bebyes d’en bas.” Après la soeur volante, les animatrices flyées. Les ténors de l’info risquent de devenir allergiques à leur Grecian Formula.

Bon, peut-être l’ont-ils mérité, ces salauds de misogynes qui avaient fait main basse sur les bulletins de nouvelles depuis des lustres. Mais songez aussi que votre look du bord de mer rabaisse la commune des mortelles, qui ne peut pas, elle, claironner aux abords des autoroutes qu’elle est belle même avec du vent dans’ face, gnia, gnia! La commune des mortelles, elle, elle se tape soit le cheveu paresseux soumis aux impitoyables lois de la gravité, soit les horribles couettes matinales multidirectionnelles, soit le fixatif qui fait des flocons et incite sa famille à glisser des échantillons de Head n’ Shoulders dans son bas de Noël.

C’est très méchant pour la commune des mortelles, ces affiches publicitaires.

Surtout que ce matin, bad hair day. Pas moyen pour votre humble servante de dompter la couette rebelle. À la garderie, elles m’ont vues avec des cheveux en manque flagrant de discipline.

Mais je ne suis pas jalouse.

Je faisais juste une petite analyse pop-sociologico-philosophique, c’est tout.

C’est tout…

20 réponses à “Nous on est dans le vent”

  1. Nap dit:

    C’est tout, vraiment? Juste une petite montée de lait pour une couette rebelle…

    Tu n’oublies rien dans ta montée de lait?

    ET le cerne involontaire ET la ride non-désirée ET le bourrelet inespéré… tu fais de l’aveuglement volontaire ce matin ?

    ;op

  2. Joblo dit:

    C’est pas un ventilateur qu’elle cache Marie-France Bazzo, c’est un micro sous le toupet! Je l’ai vu de mes yeux vu.
    Impossible à greffer sur Bernard Derome.

  3. bibitte dit:

    C’est drôle, tu m’as rappelé l’intro du coeur a ses raisons…avec les ventilateurs et les couettes au vent

  4. Mère Indigne dit:

    nap: j’ai sorti le fond de teint et le rouge à lèvres après avoir écrit ce texte. Ça m’a fait un bien fou… ;)

    bibitte: tu as raison! il doit y avoir un lien.

    joblo: Hum, on suggère ici que capillaire abondant = possibilités d’enregistrements sournois… À surveiller…

  5. la-pie dit:

    C’est drôle que je tombe sur ton post, mère indigne, car ce matin, j’ai vu Sophie Durocher annoncer “les chansons de Sophie” au 100,7FM, sur un billboard à la sortie du pont Champlain. Ses cheveux au vent, plus que la récupération de son titre d’émission (”les choix de Sophie”), m’ont particulièrement agacé: ce look contextuel année 80 m’a fait penser à Cindy, la blondasse de “Vivre à Trois”. Assistons-nous à un retour en force de la blondeur - dans le sens comportemental du terme - modernisée par le biais d’une touche de vent?

  6. Mère Indigne dit:

    la-pie: Je le savais, les courants d’air sont partout! Tu inspires une autre théorie qui voudrait que l’air qui soulève les cheveux évoque le “flip” des années 80, sans le spray-net. Pas fou.

  7. chroniques blondes dit:

    Le ventilo a la cote depuis que Marilyn s’est mise au dessus d’une bouche de métro.

    Mais un micro sous le toupette?!! Décidément, MFB est trop tendance pour moi. Je rame, là… Et sous la jupe, y’a un ventilo ou un micro?! Moi je vote pour le micro caché à un endroit où la main de l’homme n’a jamais mis le pied. Tu parles les entrevues exclusives qu’on aurait!

    En attendant, Mère Indigne, votre couette en crise d’adolescence, vibrante d’indignation, n’est que le reflet de la nature rebelle qui vous anime et nous enchante.

    C’est la luuuuuteuh finaaaa-leuh!

  8. Mère Indigne dit:

    chroniques blondes: le micro sous la jupe… Peut-être que ça prendrait *aussi* un ventilo? Des fois que les esprits s’échaufferaient? Quant à ma couette rebelle, c’est trop gentil, mais j’ai quand même opté pour la bobépine salvatrice.

  9. melyindigne dit:

    Je me compte chanceuse alors de rester loin de ces panneaux dans le vent. Par ici, on est encore à l’air des mcdo, et après avoir mangé là, impossible d’être dans le vent.

    Et pour cette couette rebelle mère indigne, tentez le vomi de bébé. Ça redessends à peu près tout.

  10. Dodinette dit:

    ça alors, mère indigne a une tresse ??
    moi qui aurais mis ma main au feu qu’elle portait le cheveu court, en femme indigne et libérée qu’elle est…

    est-ce que les ventilateurs ne servent pas *aussi* à aérer la salle ? non mais parce que j’imagine assez bien la salle de tournage de guy a. lepage, où, en plus des lumières aveuglantes braquées sur les invités, on doit s’entasser à 28 sur un petit banc où même les fesses de mon fils de 2 ans auraient du mal à tenir… (et y’a 3 rangées de bancs)
    bonjour la transpiration.

  11. Esther dit:

    J’ai découvert récemment le foulard sur la tête pour les bad hair days. En fait, il y a plus souvent de jour avec foulard que de jours sans. Bénéfique pour le moral, je ne me bat pas avec les couettes. Économique, pas besoin de mousse. Écologique, pas besoin de fixatif. Amenez-en des coups de vent, ça me fait plus peur !

  12. Mère Indigne dit:

    melyindigne: je veux bien recevoir du vomi involontairement, mais m’en mettre sciemment, no way. ;)

    dodinette: non, je n’ai pas de tresses. Mais pas de cheveux courts non plus, en tout cas pas cette année. C’est pratique, mais quand tu t’haïs la face à tous les jours dans le miroir, il n’y a plus de pratique qui tienne!

    Esther: il y en a qui portent bien le look foulard… mais pas moi! En fait, comme je disais à nap, le maquillage réussit très bien à divertir mon attention de la couette en colère. ;)

  13. Mammouth RDI dit:

    Moua, ce qui me tape sur la trompe, c’est la publicité maison de RDI qui met en vedette la “nouvelle” équipe de journalistes (Journalistes ou entertainers du “show” de nouvelles? Faudrait demander à Mlle Marcoux qui a quitté la boîte par manque d’exposure).

    Bref, ça regarde à gauche, AVEC le petit ventilo qui vous fait bouger légèrement le cheveux, et hop!, au signal du réalisateur, tout le monde tourne la tête vers le téléspectateur. Et tout ceci avec un “background” liquide. Un peu plus et on y verrait le 10 gallons de Gatorade qui leur tombe sur la tronche pour souligner l’effort.

  14. Aline dit:

    Il n’y aurait pas une petite pointe de jalousie dans vos propos, Mère Indigne?!? Je pense que votre Bad Hair Day vous a fait rager contre les arrangements-on-n’y-croit-même-pas des panneaux publicitaires…

  15. Eve dit:

    Hum.. le truc c’est de mettre suffisamment de gel pour “avoir l’air” dans le vent… C’est croustillant un peu comme texture mais c’est comme si on y était!
    Il reste toujours l’option de se faire greffer un ventilo mais c’est pas pratique au bureau, surtout au téléphonne…
    Pour les couettes rebelles, il faut placer les autres couettes dans la même optique, pour le look “peignée en dépeignée”

    Quossé que j’dis là?! Écoutez-moi pas je ne sais pas de quoi je parle…

  16. Mère Indigne dit:

    Mammouth: le liquide, l’air, le gatorade… ça doit créer une ambiance propice pour parler de catastrophes maritimes et aériennes, et du dopage sportif, je suppose…

    Aline: Jamais d’la vie, wéyons donc! ;)

    Eve: Si je suis tes conseils, vais-je avoir l’air de la petite créature échevelée qui orne le coin droit de ton blogue? À méditer… ;)

  17. TT02 dit:

    T’as de la chance, quand tes cheveux poussent ils suivent les lois de la gravitation. Pour d’autre ça monte, un peu comme Marge Simpson. Puis le matin tu te dis pas “tiens la belle couette” tu dis “oh les pompons tout rond”. Alors quant aux cheveux volant au vent, faut au moins un cyclone pour y parvenir.

  18. Regor dit:

    J’adore ces discussions ca vole pas trop haut, mais c’est du vent qui nous tourne la tête ou des têtes qui tournent au vents comme des éoliennes.
    Ca doit être une perspective environnementaliste qui les motivent, comme des éoliennes dans le vent.
    Ester ; les foulards dans le vents aussi il y a déjà eu une mode de ca…. dans mon jeune temps….jusqu’à ce qu’une “foulard” se la prenne dans la roue du cabriolet !!

  19. Fabilou dit:

    Isadora Duncan, dite la Sauterelle, décédée en septembre 1927.
    Mazette Mère Indigne, tu fais mieux que Tintin dont on dit qu’il est pour les jeunes de 7 à 77 ans !

  20. Vince dit:

    Sinead O Connor avait la solution a ces petits problems d esthetique….


Auteur des Chroniques d'une Mère indigne: Caroline Allard. Tous droits réservés