Un peu d’émotion, cil-vous-plaît
Ça se passe ce matin.
Dans un coin de la cuisine joliment baigné de lumière hivernale, Bébé se traîne à genoux dans le plus pur style Ave Maria. Elle sanglote, mais avec une certaine retenue. Un genre d’intériorité. Certains pourraient même dire, avec un certain don pour le théâtre. Personne ne sait au juste ce qui a provoqué cet élan subit de grosse pei-peine; elle non plus, d’ailleurs.
Fille Aînée — Maman, Bébé dit qu’elle ne sait pas pourquoi elle pleure.
Mère indigne — Oh, tu sais, ta soeur doit bien avoir ses raisons. (Elle veut nous emmerder, oui.)
Fille Aînée — Tu sais, moi aussi, ça m’arrive, parfois. (Silence.) Ça m’arrive, tu sais, d’avoir les yeux pleins d’eau sans savoir pourquoi…
Ooooh, que je me dis. Ça, c’est ma Fille Aînée tout craché. Une belle sensibilité, les émotions à fleur de peau. Cheminant dans la vie toujours à la frontière entre fragilité et vulnérabilité. Un petit être bien attachant. Qui nous change de l’autre comédienne.
Fille Aînée — Parfois, ce n’est même pas parce que je suis triste. Ça peut m’arriver quand je chante dans la chorale, ou même quand je suis dans la cour de récré… Tu sais, je sens les larmes monter…
Mon Dieu. L’ultra-moderne solitude. « Elle sent venir une larme des profondeur… Des fois, on sait pas bien c’qui s’passe… » Alain Souchon, sors de ce corps.
Mère indigne — Oui, je sais. Parfois, on devient ému, et c’est difficile de savoir tout de suite pourquoi on est ému, de déterminer exactement quelle émotion nous ressentons… Est-on triste ou heureux? Nos larmes arrivent avant que nous p–
Fille Aînée — Euh, non, pas vraiment. En général, c’est parce que j’ai un cil dans l’oeil.
Mère indigne — …
Fille Aînée — Pis quand je l’enlève, y’a aussi une larme qui coule.
Mère indigne — Tu m’excuseras, chérie, faut que Maman aille écrire un petit mot à Alain Souchon. Ça risque de péter sa baloune, mais il faut que vérité se sache.
***
Sur cette belle anecdote, je vous souhaite de très belles Fêtes, remplies d’émotions et surtout pas de cils dans l’oeil! J’ai passé une superbe année en votre compagnie. Merci d’être là! On se revoit en 2009… avec plein de surprises!
23 décembre 2008 at 11:53
Ah, bien contente de revoir ici Fille Aînée, je m’en venais précisément réclamer de ses nouvelles, Bébé est fort sympathiquement irrévérencieuse, mais enfin, elle éclipsait, ces temps derniers!
23 décembre 2008 at 12:08
C’est comme mon 2ème garçon (oui, oui, j’ai 3 garçons!!)… Un futur candidat pour le conservatoire d’art dramatique! Il pleure sur demande, avec de vraies grosses larmes qui giclent et tout et tout! Outre la possibilité de le mener à un gagne-pain, c’est parfois bien utile. La preuve: l’été dernier, Raphaël s’est mis du sable dans l’oeil (c’est ça qui arrive quand on joue à se baigner dans le carré de sable…). Après de vains efforts pour lui faire un savant lavage oculaire, le médecin en moi est sorti pour faire place à la maman débrouillarde… « Pleure, Raphaël! » que je lui dit… Et voilà!! Grâce aux flots de larmes, « exit » les petits grains de sable!!
23 décembre 2008 at 12:56
Excellent une fois encore.
Merci à toi de nous faire sourire, rire, mais aussi réfléchir, mine de rien…
De belles Fêtes pas de cils à toi aussi
23 décembre 2008 at 12:57
Je sens comme une émotion monter en moi! Ha, fiou, c’est un fou rire. Heureuse période des fêtes chère Indigne et que ta marmaille continue de t’inspirer autant en 2009
23 décembre 2008 at 13:05
Bonnes fêtes from Bruxelles. Amusez-vous bien surtout.
23 décembre 2008 at 14:24
Quelle superbe chronique ! C’est à croire que nous avons engendré une nouvelle génération de petits comédiens en herbe… Joyeuses fêtes aussi !
23 décembre 2008 at 15:16
j’adore ta fille ainée!!
23 décembre 2008 at 15:29
Ben n’empêche on ne sait toujours pas pourquoi Bébé pleurait. POur les cours d’art dramatique, je te propose ma fille comme prof, elle est hyper balèze.
( que la patience nous vienne, merci)
(j’attends toujours)
Et j’adore le côté ultra pragmatique de Fille Aînée ^^
23 décembre 2008 at 16:22
Bon temps des fêtes à vous aussi & à toute votre belle famille!
profitez en bien
23 décembre 2008 at 19:47
Merveilleuses fêtes de fin d’année à vous toutes et tous aussi (pour peu que vous n’ayez pas un oeil totalement inadapté aux cérémonies et réceptions à venir, c’est à dire rouge vif éclatant façon sanguine, à cause d’un – probable – cil comme c’est mon cas, merci ce n’est rien cela me fait plaisir).
23 décembre 2008 at 22:44
Diagnostique
Fille aînée : Cil dans l’oeil. C’est confirmé.
Bébé : SPM.
Je savais que vous étiez prête pour la vérité (votre bar est bien garni, n’est-ce pas?).
24 décembre 2008 at 0:18
C’est ce que les juges appellent: une peine avec sourcil.
(Bon ok, il est (presque) tard, j’ai réveillonné, et j’ai une émotion dans le coin de l’oeil…)
Allez, bisous, et joyeuses Fêtes!
24 décembre 2008 at 9:21
Moi, les larmes me montent aux yeux (ou me descendent?) quand je lis les rares chroniques d’une Mère Indigne…
25 décembre 2008 at 15:44
sniiif ils sont trop beaux tes posts
(
25 décembre 2008 at 15:49
Voici une suggestion de livre très appropriée pour vous MI : Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol. Le vocabulaire est riche et inédit, la description des caractères est fascinante et l’héroïne a deux filles, l’une aînée et l’autre plus bébé.
Vous allez vous régaler. Joyeuses Fêtes!
Android
26 décembre 2008 at 17:00
Dans mon jeune temps, on m’a promulgué ce sage conseil: c’est pas bon de garder ça à l’intérieur! Alors, laissons les émotions sortir (même si elles sont causées par un simple cil, ou non-identifiées comme celles de Bébé)! C’est sur cette belle vérité que je vous souhaite de Joyeuses Fêtes à vous Mère Indigne et à votre petite famille! J’ai bien hâte aux chroniques de 2009!
26 décembre 2008 at 18:45
Belle anecdote qui illustre bien comment nous parent arrivons parfois mal à décoder ce que nos enfants nous racontent.
Malgré notre désir d’etre à l’écoute, il arrive que l’on soit dans le champs emporté par ce que l’on aimerait que l’enfant soit davantage que par l’acception de ce qu’il est.
Il y a dans ce billet une belle invitation à développer une plus grande capacité d’écoute de ce que nos enfants ont à nous dire.
C’est à la fois drole et triste en meme temps. Triste dans la mesure ou comme parent on n’arrive parfois pas à saisir ce que l’enfant dit.
Je ne sais quel sera l’impact, une fois ado, de cette difficulté de communication.
L’incompréhension quoi, l’incapacité d’entendre ce que l’enfant cherche vraiment à dire, comme une distorsion qui se produit par la tendance du parent à preter des intentions aux enfants, sans meme prendre le temps d’entendre et de chercher à comprendre.
3 janvier 2009 at 8:41
Bonne année 2009, sans cils, mais pleine de larmes …
de joie.
de surprises, de rires et d’émotions !
3 janvier 2009 at 15:59
MI, certains de vos lecteurs me foutent les foies, à défaut d’oeillades aux cils recourbés. Cf le drôle de gars, là, juste là. Désolée pour toi, Gars.Sans rancune. Je vais cuver ma trouille dans une bolée de cidre. A défaut de m’offrir un sonotone.
6 janvier 2009 at 9:33
eh ben…une generation de pragmatique se profile.
Doit on s’en rejouir?
^^
6 janvier 2009 at 11:25
Merci et bonne année tout le monde! Je vous fais un billet cette semaine, mais soyez heureux de savoir que tous mes efforts sont concentrés à finaliser le tome 2! Avec des inédits!
Akä: on ne sait jamais quand un sujet qui nous semble léger peut être plus sérieux pour quelqu’un d’autre (et pour une fois qu’un de mes billets suscite une réflexion sérieuse, je ne vais pas m’en plaindre!)
7 janvier 2009 at 10:02
C’est vrai, MI, on ne vient pas tous chercher la même chose ici je suppose! (et ma trouille va mieux, de toute façon)
7 janvier 2009 at 16:18
je m’ennuie de la moman indigne
on est le 7 janvier déjà et rien du tout à lire
7 janvier 2009 at 19:28
A Aka…
Cette chronique est je crois à prendre au second degré. Démontrer par son contraire pour en arriver à se dire – On est pas si mal dans les faits.
Ma réponse était aussi à prendre à un second degré qui finit par dire, tu es certain?
Mais je comprends que ca puisse etre désagréable. Ei il est possible aussi que je ne saisisse pas du tout le niveau de ces chroniques.
8 janvier 2009 at 23:06
un gars: mais non, ça va, ce n’est pas désagréable! La communication avec nos enfants est un sujet qui me tracasse aussi parfois, et je comprends qu’on ait pu y penser même par le biais d’une chronique humoristique.
9 janvier 2009 at 11:21
ouh là, je fais polémique!! allez, j’en suis de mon mea culpa: je suis psy(chologue), dans la vraie vie.
9 janvier 2009 at 11:23
Akä, fallait le dire! On ne vous aurait pas prise au sérieux!
))
Bon, allez, il est temps que je fasse un autre billet, moi!
10 janvier 2009 at 19:28
1:Ben voilà!
2:je l’espérais sans oser le demander. PAS beau, de demander. (Mais on est pas mal à avoir Besoin.)
6 février 2009 at 11:40
. »Tu sais, c’est pas poli de s’en aller sans dire au revoir.
Alors, comme j’étais en colère contre toi,
oui, contre toi,
j’ai gratté le sable toute la journée,
je l’ai poussé pour que ça fasse une montagne
encore plus haute que ton mur.
J’ai pensé que quand on ne voit plus les choses, on les oublie.
J’ai presque failli l’enterrer
mais ça m’a fait tellement mal aux doigts…
Un peu de sable est entré dans mon oeil,
c’est juste pour ça que j’ai pleuré. »
Thomas Scotto, Sables émouvants, Milan.
Je ne pouvais pas ne pas penser à vous, moi!