Dernier billet avant le retour à la programmation régulière…

14 mars 2007

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Je répète que vous êtes tous les bienvenus et que la timidité n’est pas une excuse! Et on ne mettra personne à la porte à 19h, puisque la fête se poursuivra avec le 7e anniversaire du Yulblog (pour les détails, cliquer sur le petit nain dans la colonne de droite).
Je suis un peu terrorisée par les dédicaces — j’ai d’ailleurs sans succès essayé de trouver un générateur de dédicaces sur Internet — mais un ami de Père indigne m’a donné cet excellent conseil: “Faut surtout pas que tu t’en prépares d’avance, là. Chaque dédicace doit être adaptée à ton lecteur. Va falloir que tu improvises. Alors pour te préparer, tu t’achètes le journal, tu l’ouvres à la page des notices nécrologiques, et pour chaque photo de personne morte, tu te dis: Qu’est-ce que je lui écrirais, à elle? Vendredi soir, tu ne pourras pas être davantage prête.”

Merci, Jean-François. J’ai vraiment un bon feeling, en ce moment.

***

Demain, à 13h, je serai à CIBL à l’émission de Michel Dumais, Citoyen numérique. L’émission sera ensuite disponible en ligne sur le site web de l’émission. Mais je vous dis surtout ça parce que je ne serai pas toute seule: y’a Pierre-Léon qui va aussi être là, et, les filles, entre nous, n’avons-nous pas toutes un petit faible pour Pierre-Léon? Hmmm? Heureusement que nous savons faire preuve de notre plus pudique et légendaire retenue, sinon on pourrait quasiment le rebaptiser Pierre-Léon XXX. Alors bref, demain, c’est à ne pas manquer.

Père indigne prend mes affaires en main…

13 mars 2007

sous la couverture.

L’arrivée du livre, telle que vécue par Bébé

11 mars 2007

Page 1

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Page 2

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Je l’ai.

10 mars 2007

Il est super beau…

Je vous montre une photo lundi.

Mère indigne se vide le coeur…

9 mars 2007

sous la couverture.

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À part ça, merci pour tous vos commentaires sur le billet précédent (ah, la la, on se remercie, on n’arrête pas, c’est presque pas permis de s’entre-remercier comme ça!). Et j’implore ceux qui se sentent trop gênés pour venir au lancement, de venir tout de même! Moi aussi je suis timide, on sera deux! Et surtout, je serais très heureuse de dédicacer le livre à tous ceux qui en ont envie.

Mille mercis, ou presque

8 mars 2007

Je vais tenir mon livre dans mes mains demain et devenir totalement hystérique, alors pendant que je suis encore capable de fonctionner, permettez-moi, l’espace d’un billet, d’être bêtement sentimentale.

On a tous ri de la Poune avec son “J’aime mon public et mon public m’aime”. Mais moi, c’est fini. Je ne ris plus. Je comprends. Pire: j’endosse totalement.

Pour moi, en mars 2006, Les Chroniques d’une mère indigne, c’était un peu d’évasion de mon quotidien de maman à la maison. Les premiers temps, je m’étonnais de voir que 50 personnes étaient venues consulter mon blogue en une semaine. Imaginez quand ça a été 100, 500, ou quand j’ai passé le cap du 1000 clics! D’autant plus imprévu que, sur le web, on ne peut rien imposer aux internautes: s’ils viennent vous visiter, c’est véritablement parce qu’ils le veulent bien. Avec tous ces endroits disponibles pour flâner, rien ne vous obligeait à venir passer quelques minutes chez moi. Et pourtant, vous étiez là, toujours de plus en plus nombreux.

Et rien ne vous obligeait non plus à laisser votre grain de sel. Et pourtant! Vous l’avez fait tant et plus, et toujours de manière incroyablement agréable et civilisée. Pour une mère qui avait peur de déchaîner sur elle l’opprobre des bien-pensants, vous m’avez bien eue sur ce coup-là.

Un jour, Septentrion m’a approchée pour publier les Chroniques. (J’ai dit oui.) Une fois le manuscrit terminé, j’ai pensé aux personnes que j’aimerais remercier. Et là, j’ai tout de suite pensé à vous. À vous tous qui veniez me voir sans obligation, et qui enrichissiez le blogue de tous vos commentaires sympathiques, rigolos, géniaux et inspirants. Qui faisiez en sorte que le blogue connaissait le succès qu’il avait.

Et j’ai décidé de tous vous remercier.

Je remercie évidemment tous les lecteurs qui sont restés discrets, même si je ne peux pas le faire nommément. Par contre, tous ceux qui ont participé aux commentaires des Chroniques d’une mère indigne, de mars à décembre 2006, vous êtes là. Ça ne fait pas tout à fait 1000 mercis, plus dans les 750, mais c’est vraiment, sincèrement, du fond du coeur. Voici un aperçu de ce que ça donne (en réalité, ça continue sur 5 pages):
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Alors voilà. Merci. J’y tenais vraiment, parce que sans vous, ça n’aurait pas été pareil.

***

P.S. Si vous avez utilisé plusieurs pseudonymes, eh bien, je vous remercie plusieurs fois! Récompensons la diversité!

P.P.S. À tous ceux et celles à qui j’ai demandé la permission pour reproduire un commentaire, eh bien, ils seront tous là eux aussi! Mais c’est normal, vous êtes formidables.

Bonne pâte

6 mars 2007

En cette semaine de congé, pour éviter que les après-midis durent une éternité, on a chacun nos trucs. Moi, je fais des gâteaux aux bananes. De un, c’est super facile: on mélange tout dans n’importe quel ordre (ce n’est pas ce que dit la recette? On s’en moque!); et de deux, il y a toujours sur notre comptoir au moins deux bananes sur le point de pourrir.

Et Fille Aînée adore me donner un coup de main, surtout pour nettoyer le bol — avec les doigts et la langue, évidemment. Aujourd’hui ne fit pas exception à la règle.

– Maman, est-ce que je peux manger le reste du mélange?

– Oui, mais tu en laisseras pour Bébé. Après sa sieste, je suis sûre qu’elle voudra y goûter.

Quelques minutes passèrent dans un silence absolu. Je l’ignorais encore, mais il était chargé de rancoeur. Enfin, Fille Aînée se décida à dégainer:

Fille Aînée — Pourquoi je devrais en laisser? T’en as pas laissé, la dernière fois.

Moi, surprise — Quelle dernière fois?

Fille Aînée — La dernière fois.

Vous avez des enfants, vous le savez. Pour eux, simplement dire “la dernière fois”, c’est limpide. Pour nous, dans notre cerveau, c’est du gruau.

Puis, me revinrent quelques flashes de la fois où, à la dernière St-Valentin, j’avais fait un renversé aux cerises comme dessert surprise. Je croyais qu’ainsi, je créerais dans l’esprit des membres de ma famille le souvenir impérissable de la chaleur et de l’amour maternel qui s’est activé en secret aux fourneaux pour le simple plaisir de leur estomac, mais non. Dépassement maternel, j’t'en fous. Ce soir-là, tout ce que Fille Aînée avait retenu, c’est que le soir de la St-Valentin, elle n’avait pas eu droit aux restes du mélange pas cuit.

Moi, d’une logique implacable — La dernière fois, c’est la dernière fois. Aujourd’hui, c’est aujourd’hui. Tu en laisses à ta soeur.

Fille Aînée — C’est sûr que toi, tu ne veux pas que je t’en laisse. Tu l’as toute mangée toute seule la dernière fois.

M’apparut alors dans une clarté aveuglante le fait que Fille Aînée avait compris de la dernière fois que non seulement elle n’avais pas eu de pâte, mais que c’était moi qui l’avais toute avalée en ricanant.

Moi — Même si je l’avais toute mangée la dernière fois, ça ne change rien au fait que tu dois en laisser pour ta soeur.

Fille Aînée — Tu l’as toute mangée!

Moi — Mais non!

Fille Aînée — Mais qu’est-ce que tu en as fait, alors?

Moi — Mais j’ai rincé le plat dans l’évier!

Fille Aînée — Ah.

Les hostilités étaient terminées. Je suis d’ailleurs très satisfaite de mentionner que, dans le “Ah” de Fille Aînée, on sentait la défaite.

***

Bon, la dernière fois, c’est vrai que j’avais tout mangé. Et alors? On donne tellement facilement raison aux enfants de nos jours. Tricher un peu, ça fait quand même un petit velours.

C’t'une fois deux mères: Mal et diction

5 mars 2007

Dans le coin droit, Maman-qui-en-a-vu-d’autres agrippe sa tasse de café comme un aveugle se repose sur sa cane blanche. Dans le coin gauche, Future Maman sirote une tisane à la queue de cerise en se caressant la bedaine d’un air pénétré. Au milieu des deux, Bébé joue à la poupée. Elle n’a aucune intention de servir d’arbitre mais sa su-suce trône comme un sifflet au milieu de son visage.

Bébé — Bvobvo bfou vivi.

Future Maman — Quoi? Sophie ne te comprend pas quand tu parles avec ta su-suce.

Bébé — Bvobvo bfou vivi!

Future Maman, jetant un coup d’oeil appuyé à sa copine — Enlève ta su-suce si tu veux que Sophie te comprenne, chérie.

Bébé, détournant farouchement la tête pour conserver sa tétine en bouche — Bvobvo bfou viviiii!

Maman-qui-en-a-vu-d’autres, d’un air détaché — Il fait dodo, ton beau bébé?

Bébé, satisfait — Bvobvo. Bfou vivi.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Ben oui, hein, un beau dodo.

Silence.

Future Maman — Ça ne te dérange pas que ta fille ait sa suce à la bouche toute la journée?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Moi, c’est une tasse de café, elle, c’est sa suce. Ça s’appelle la justice intergénérationnelle.

Pour marquer le coup, Maman-qui-en-a-vu-d’autres se ressert une énième tasse. Future Maman, elle, contemple sa tisane en songeant aux recommandations de son livre de chevet, Votre enfant et la sucette, une histoire de dépendance.

Future Maman — Mais, euh, avec la sucette, t’as pas peur qu’elle finisse par parler tout croche, tout le temps?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Ben non! C’est le contraire.

Future Maman — Hein?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Ben oui! Tu sais, les cours de diction, dans l’Antiquité? Peut-être même dans les années 50? Ils se mettaient des roches dans la bouche pour se pratiquer à articuler et après, quand ils enlevaient les roches, ils parlaient super bien.

Future Maman — Si je comprends bien, la suce, pour toi, c’est comme les roches?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Oui, mais en plus doux.

Future Maman — Et en plus sécuritaire.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Je n’y avais pas pensé, mais oui. Conçu pour les bébés, finalement. Au lieu de payer un cours de diction à Bébé quand elle va être plus vieille, je fais, euh…

Future Maman, narquoise — De la prévention?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Exact!

Future Maman — Heille, toi tu l’as, l’affaire. C’est aussi pour faire de l’éducation précoce que tu la laisses tripoter des jouets trop petits? T’as jamais lu No Lego, toi?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — No Lego??? Pourtant, c’est tellement pratique pour avoir la paix.

Future Maman, en marmonnant — Elle a pas lu No Lego.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Attends, attends, regarde. Tu vas voir, pour le truc de la diction, j’ai raison.

Stratégique, elle enlève la suce de la bouche de Bébé juste au moment où cette dernière est très occupée à empiler ses poupées les unes par dessus les autres en marmonnant des “bvobvobvobvobvobvos”.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Écoute, écoute. Elle va super bien parler, là. (Se tournant vers Bébé: ) Ils font des beaux dodos, hein, tes beaux bébés?

Bébé, à pleines dents — Bvobvo bfou vivi!

Silence.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres, perplexe — Peut-être que ça prend vraiment des roches, finalement?

Future Maman contemple la scène avec un air qu’on pourrait aisément prendre pour du mépris, sans doute parce que c’en est.

Future Maman — Tu sais, je peux te prêter Une histoire de dépendance, je l’ai déjà lu deux fois. Et puis j’ai aussi le numéro de téléphone d’une conseillère anti-tétine… Elle m’a dit que je pouvais l’appeler n’importe quand, alors j’imagine que…

Maman-qui-en-a-vu-d’autres pose bruyamment sa tasse sur sa soucoupe. “Dis donc, c’est bien de la tisane à la queue de cerise que tu bois, là?”

Future Maman — Euh, oui, pourquoi?

Maman-qui-en-a-vu-d’autres, d’un air faussement inquiet — Tu sais que ça peut déclencher les contractions, ce truc-là? Je l’ai lu dans Une grossesse parfaite, ou comment se faire chier avec des détails. À six mois de grossesse, je ne sais pas si c’est prudent pour toi de…

Future Maman, légèrement hystérique — Hein? C’est quoi ce livre-là? Comment ça se fait que ma conseillère en nutrition prénatale ne m’en a jamais parlé?

Elle tâte frénétiquement son ventre rebondi pour déceler les premiers signes de contractions.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres — Si j’étais toi, j’irais tout de suite à la clinique.

Future Maman sort en trombe de la maison, son cellulaire à l’oreille. Maman-qui-en-a-vu-d’autres se ressert un café en sifflotant. Bébé s’approche d’elle.

Bébé — Su-suce?

Maman — Tu veux ta su-suce?

Bébé, avec beaucoup de conviction — Beau bébé, beau dodo.

Maman-qui-en-a-vu-d’autres éclate de rire. “Ah, ben oui. Fallait s’y attendre. Moi aussi, je t’aime, chérie.”

Un aperçu de la vraie de vraie couverture…

2 mars 2007

sous la couverture. Moi, en tout cas, je vous avoue que ça m’a fait quelque chose! :-)

C’est gentil, les bébés, mais c’est pas clair

1 mars 2007

Père indigne est assis tout en haut de l’escalier qui mène de la cuisine au sous-sol. Il protège ainsi sa progéniture des périls de la gravité tout en adoptant une pose relax, jambe repliée et verre de Pinot gris à la main, qui, croit-il peut-être, a des chances de me séduire en ce samedi soir.

Bébé s’approche et s’adresse à son père: “Cayier?”

Père indigne — Quoi?

Bébé — Cayier? A bas?

On reconnaît bien sûr ici les expressions “Escalier?” et “En bas?”, que l’on pourrait aussi traduire par “Sois assez gentil pour te tasser de là, j’ai des choses importantes à faire au sous-sol.”

Mais Père indigne tient à sa pose décontractée propice à la séduction.

– Qu’est-ce que tu dis?

– Cayier!

– Cahier quoi, cahier? Quel cahier?

La mauvaise foi de Père indigne se sent à des kilomètres à la ronde, et Bébé, qui est collé dessus, commence même à trouver que ça empeste.

– CAYIER! A BAS! Abaabaabaabaabaabaabaaba!

– Mais de quoi parles-tu? Enfin, Bébé, bon sang. Sois claire.

Bébé commence à sauter partout. On lui pardonnera son ton qui commence à devenir légèrement hystérique.

– Cayiiiiiiiéééééééééééaabaaaaaaaaaaa!

Père indigne ne rend pas les armes, ni ne déplie la jambe.

– Bébé. Il faut que tu comprennes que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément.

Je ne vous dit pas ce qui s’est passé plus tard ce soir-là, mais j’avoue que, malgré la détresse de Bébé, j’ai bien ri.


Auteur des Chroniques d'une Mère indigne: Caroline Allard. Tous droits réservés