Mère indigne chasse le paparazzi…
26 février 2007Jusqu’à nouvel ordre…
23 février 2007… je serai stagiaire sous la couverture (promotion assurée, enfin c’est ce qu’on m’a dit).
D’une part, j’ai beaucoup de niaiseries informations à écrire sur mon ascension médiatique fulgurante et phénoménale, donc le concept du blogue collectif me convient parfaitement pour les prochaines semaines, et d’autre part, j’ai un chapitre de thèse à remettre bientôt, alors je ne ferai pas ma Supernana à deux blogues.
Bref, pour les prochaines semaines, vous savez où me trouver! Et là-bas, vous pouvez aussi vous laisser complètement aller dans les commentaires. Éditeur indigne n’a pas froid aux yeux…
Collectifs
23 février 2007Deux choses en ce vendredi exceptionnel (au moment où j’écris ce billet, nous sommes jeudi soir, mais je vis d’espoir):
Premièrement, la cohorte des écureuils en folie a produit, entre deux partys d’écalage de noix, un texte à la manière de Mère indigne. Le résultat est hystérique et totalement défrisant. D’ailleurs, si vous ne les connaissez pas, je vous engage aussi à aller voir leurs billets précédents; certains, entre autres, contiennent des photos de la famille d’écureux en action, et ça vaut vraiment la peine.
Deuxièmement, Éditeur indigne m’a fait une proposition tout à fait malhonnête la semaine dernière. Il m’a dit, comme ça, sans préparation, “Dites donc, Mère indigne, ça vous dirait d’aller sous les couvertures avec Pierre-Léon et Sof, en plus de la directrice de collection, du graphiste, de moi-même et de plein d’autres personnes sexy?”
Père indigne était fou de rage (”Comment ça, ton éditeur n’a pas proposé de prendre des photos?”), mais moi, vous me connaissez: toujours prête à me sacrifier dans l’intérêt de la science. Alors j’ai dit oui.
Bon, finalement, je me suis fait avoir sur toute la ligne, parce que “Sous la couverture”, c’est un concept de blogue collectif qui n’exige même pas qu’on se montre nos bobettes, mais comme m’a dit Père indigne (qui avait l’air soulagé, tout à coup), il faut savoir faire contre mauvaise fortune, bon coeur. Alors j’ai continué à dire oui.
Pour suivre les péripéties pré- et post-publication de notre charmant groupe, rendez-vous sur ce nouveau blogue collectif. Je ferai le lien à partir d’ici chaque fois que j’écrirai quelque chose là-bas. (J’avoue, je n’ai pas pu me retenir et c’est déjà fait…)
Je crois qu’on va bien s’amuser là-bas aussi…
Il n’y a pas de hasard
22 février 2007Oh, que non.
Pas de hasard, et en plus, la vie est tellement bien faite.
Voici ce que me relatait Fille Aînée dans la voiture, ce matin même: “Mon amie Josie, elle s’est déjà fait mal avec un cactus. Quand elle avait trois ans, elle descendait l’escalier en petites culottes (N.D.M.I.: Josie était en petites culottes, pas l’escalier), et là, elle a glissé sur une marche, et elle a déboulé. Mais en bas, y’avait un cactus. Alors elle est tombée le derrière sur le cactus. En sortant des toilettes, sa mère a appelé le 911. Josie a été à l’hôpital, et après, elle a pleuré toute la nuit.”
J’ai fait répéter Fille Aînée, qui m’a confirmé que pendant que Josie faisait intimement connaissance avec un cactus, sa mère était aux toilettes.
Mes lecteurs sont assez intelligents pour tirer eux-mêmes la morale de cette histoire, mais je vais l’écrire quand même tellement ça me met de bonne humeur: Les parents qui vont tout seuls aux toilettes, eh bien leurs pauvres enfants, ils se retrouvent avec des épines de cactus dans le derrière.
C’est pas du C.Q.F.D., ça?
Ah, c’est quand même agréable de se sentir en phase avec l’Univers.
C’t'une fois deux-trois mères: Obsession sécuritaire
21 février 2007Avertissement: Cette tranche de vie fait ressortir le caractère totalement révoltant que peuvent avoir certaines conversations entre mères. Les âmes sensibles et les personnes sans enfant devraient peut-être s’abstenir.
Maman 1 — Avec des enfants, on n’est plus en sécurité nulle part, hein?
Future maman — Qu’est-ce que tu veux dire?
Maman 1 — Ben, admettons que je sois dans la douche.
Future maman — Oui?
Maman 1 — Je ne peux jamais verrouiller la porte de la salle de bain.
Maman 2 — Moi non plus!
Future maman — Mais voyons, pourquoi?
Maman 1 — Pourquoi?! Parce que sinon…
Maman 2 — Sinon, c’est sûr que ta plus vieille va avoir une envie pressante…
Maman 1 — De me montrer un dessin, genre.
Maman 2 — Exact. Ou de t’annoncer de toute urgence qu’il manquait une cuillère dans son lunch…
Maman 1 — Faisant ainsi en sorte que je doive sortir de la douche, ruisselante, pour aller déverrouiller la porte en pensant qu’elle a vraiment envie d’aller aux toilettes.
Future maman — Les filles, vous me déprimez.
Maman 2 — Honnêtement, ce n’est pas ça le pire.
Future maman — C’est quoi?
Maman 2 — C’est qu’il ne faut pas non plus verrouiller la porte quand on est vraiment aux toilettes.
Future maman — Nooon!
Maman 2 — Sérieusement. C’est vraiment préférable de voir la porte s’ouvrir au milieu d’un pipi que de devoir terminer le travail avec une horde de sauvages qui campent derrière la porte et qui hurlent en essayant de la défoncer avec un marteau en caoutchouc.
Maman 1 — Moi, sitôt que je m’asseois sur les toilettes, c’est un vrai feu roulant de visites. Je suis sûre qu’ils ne viendront pas me voir avec autant de plaisir au centre d’accueil.
Future maman — Les filles, vous me déprimez.
Maman 1 — Heille, ça me fait penser. Vous savez, quand les bébés font caca dans leur couche et que ça nous fait tellement rire parce qu’ils deviennent rouges comme une betterave?
Maman 2 — Ah, oui, c’est tellement rigolo!
Maman 1 — Oui, mais est-ce que je vous ai conté la fois où, à l’hôtel, il y avait un miroir juste à hauteur du visage et que j’ai remarqué que–
Future maman — Nooon! Arrête, je veux pas le savoir!
Maman 2 — Les filles, faut que je vous dise. Les toilettes sont tellement devenus un endroit public à la maison que je ne suis plus capable de… enfin, vous voyez ce que je veux dire, je peux juste vraiment aller aux toilettes quand le reste de la famille est parti.
Maman 1 — Moi, c’est pareil! L’autre jour, les filles sont allées à l’épicerie avec leur père. Ça n’a pas pris deux minutes pour que mon corps comprenne qu’il était en sécurité. Zoum, aux toilettes!
Maman 2 — En fait, moi, c’est pire. D’habitude, c’est à la maison qu’on se sent le plus à l’aise pour… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Mais maintenant, c’est au bureau.
Maman 1 — Moi aussi, en fait!
Future maman — Nooon!
Maman 2 — Oui. Vers neuf heures et demie, les toilettes sont vides. Les enfants sont à l’école, alors…
Maman 1 — Oui, oui, c’est ça! Alors le corps comprend qu’il est totalement en sécurité! … Vers neuf heures et demie, tu dis?
Maman 2 — Oui.
Maman 1 — Moi aussi! Tu penseras à moi.
Maman 2 — Sûrement pas. Ça risque de me bloquer.
Future maman — Les filles, vous me déprimez.
Milieux humides
19 février 2007L’autre soir, Père indigne et moi avons eu un des ces petits moments de négociation-éclair qui jalonnent la vie des parents:
Père indigne — Je vais donner le bain à la petite?
Mère indigne — Je peux lui donner, si tu veux.
Père indigne — Non, non. Je vais le faire. Tu sais bien que, dans cette maison, c’est moi le spécialiste des milieux humides.
Sur quoi, on a bien rigolé. Mais ça m’a aussi fait penser au fait qu’avant que je retourne au travail (enfin, aux études, mais à 35 ans, on se sent mieux si on dit “au travail”), la question du “qui donne le bain à Bébé” ne se posait même pas. Après toute une journée passée à faire des gagagougous, pas de négo possible. Laissez-moi vous dire que quand Père indigne rentrait à la maison, il était en charge du bain. Moi, j’étais en charge de me faire un gin tonic, et plus vite que ça.
Tout ça pour vous dire qu’après mes angoisses de septembre (et octobre, et novembre) à l’idée de laisser Bébé en garderie, je suis maintenant totalement enchantée d’être de retour au travail.
Premièrement, de retour au travail (j’aime vraiment ça, dire “au travail”), on se maquille pour autre chose qu’aller acheter une pinte de lait au dépanneur. Bon, en réalité, même quand je restais seule à la maison avec Bébé, je me maquillais quand même; beaucoup plus facile de se mettre un peu de fond de teint et de rouge à lèvres que d’essayer de plonger avec un bébé dans les bras pour éviter les miroirs. Ah, et puisque vous voulez vraiment tout savoir, je me suis même maquillée à l’hôpital, avant la visite des amis. “Oh, comme tu as l’air en forme!” est une véritable musique pour les oreilles d’une femme résolument moderne qui vient de passer huit heures à gémir de douleur. Outlash de CoverGirl, ça ne sauve peut-être pas des vies, mais ça peut sérieusement vous abréger un post-partum.
Mais bon, se maquiller pour aller travailler, ça donne quand même un peu plus de sens à notre petit rituel, n’est-ce pas? Et s’habiller, aussi. Vous savez, mettre des vêtements dont vous avez la garantie presque absolue qu’on ne régurgitera pas dessus pendant au moins six heures? Ça donne le goût de vous écrier, devant tous vos collègues: “Voici un col roulé que j’ai acheté 20$ en solde, 70% coton, 22% viscose, 8% lycra et absolument 0% vomi ! (ou alors si peu)”. Ah, amenez-en, des petits plaisirs simples de la vie! Quand on redécouvre l’existence d’un monde extérieur, on est capable d’en prendre!
Et on redevient aussi capable d’en donner. Car, honnêtement, que répond la mère au foyer à la question, posée de bonne foi par un époux tendre et intéressé, “Qu’as-tu fait de beau aujourd’hui?” “Euh, laisse-moi réfléchir…Oups, j’ai un blanc? Non, c’est juste qu’il ne s’est rien passé. Enfin, euh, j’ai changé sept couches et j’ai aussi… agaga-gougou-doudou-ahrrrrreuh… Oh, pardon, chéri, je commence à oublier mon français.” Retourner au travail, c’est revenir avec, au minimum, le récit d’une journée ordinaire et, au mieux, avec des potins bien juteux. La conversation, la vraie, peut enfin regagner ses lettres de noblesse.
Mais le plus incroyable, ce sont les 5 à 7. Surtout quand ils sont organisés par des étudiants (je veux dire, des collègues de travail) dont on peut être absolument certaine qu’ils ne nous poseront aucune question sur nos enfants à moins d’avoir vraiment, mais vraiment beaucoup trop bu — jusqu’à présent, je n’en ai jamais rencontrés qui soient arrivés à ce stade de dégénérescence ultime.
Justement, j’avais un 5 à 7 vendredi dernier. Sérieusement, je crois que j’étais même plus heureuse que Fille Aînée quand elle a reçu une carte d’invitation avec Arthur et les minimoys dessus pour l’anniversaire d’une copine de classe. J’étais même un peu déçue de ne pas être obligée de demander la permission à ma mère pour y aller, juste pour le plaisir d’annoncer au plus de gens possible que j’étais invitée à un 5 à 7.
Duquel je suis rentrée à 1 heure du mat’.
Père indigne — Puis, comment c’était, ton 5 à 7?
Mère indigne — Génial. On devait être huit, mais finalement, on était trois.
Père indigne — Trois? Et les deux autres étaient…
Mère indigne — Ah, euh, deux gars de 27-28 ans. Tu n’as absolument pas à t’inquiéter, chéri. Ils étaient juste charmants, drôles et intelligents. Très charmants, en fait.
Père indigne — Effectivement, rien d’inquiétant là-dedans. Et vous avez parlé de…
Mère indigne — Euh, de la vie, de philo. Genre, les théories de la démocratie, style?
Père indigne — Vous n’avez pas parlé de sexe?
Mère indigne — Si peu, si peu. (Flashes dans la tête de Mère indigne d’une conversation totalement outrageante sur les 10 meilleurs films pornos de tous les temps tels que recensés par un magazine quelconque.) Presque pas, en fait.
Père indigne — Je ne suis vraiment pas du tout inquiet.
Mère indigne — Tu as raison de ne pas l’être, chéri. Après tout, tu possèdes certainement une expertise beaucoup plus vaste qu’eux en ce qui concerne l’entretien et la sauvegarde des milieux humides.
Qu’est-ce que je vous disais! Quand on retourne au travail, on a aussi des conversations beaucoup plus intéressantes avec notre mari, le soir, à la maison…
À la manière de
18 février 2007Prof Malgré Tout a fait un spécial 4 en 1, prouvant ainsi que, non seulement il sait jongler avec les notes, mais qu’il est aussi très doué pour faire chanter les personnages… Merci du compliment, PMT!
***
Et merci aussi à Marie-Claude, dont je viens de tomber sur le charmant pastiche.
Tootsie-garderie
16 février 2007À la garderie de Bébé, hier matin:
Petit garçon — Maman!
Papa costaud-baraqué — Tu veux dire, “Papa”.
Petit garçon — Non. Maman.
Papa costaud-baraqué — Maman est à la maison. Je suis ton papa.
Petit garçon — Non! Tu es ma maman!
Papa costaud-baraqué qui commence à s’énerver — Mais non, voyons! Moi, c’est Papa!
Petit garçon, intraitable — NON! TU ES MA MAMAAAAN!
Je ne sais pas pour vous, mais un lendemain de St-Valentin, on se demande quand même à quoi Papa et Maman ont joué la veille quand ils croyaient que Junior faisait dodo…
Sentimental, c’est l’idéal
15 février 2007Soir de St-Valentin dans la cuisine indigne. Mère indigne s’active à préparer des rouleaux de prosciutto-melon pour une entrée aussi simple que délicieuse. Père indigne aimerait bien l’aider, mais il doit diriger toute son attention vers Fille Aînée qui lui fait le récit de sa journée à l’école.
Fille Aînée — Et tu sais, Papa, Madame Mélanie était super contente de son cadeau de St-Valentin.
Père indigne — Ah bon. C’était quoi?
Mère indigne — (Roule, roule.)
Fille Aînée — Ben, ce matin, Maman a trouvé une image de St-Valentin sur Internet, puis on l’a fait imprimer…
Père indigne — Quelle image?
Mère indigne — (Roule, roule.)
Fille Aînée — Ben, c’était un chat caché en arrière d’un coeur, et le chat il avait une, tsé, une… une auréole? C’est ça, une auréole sur la tête. Et puis là…
Père indigne — Ah, c’était un chat mort.
Mère indigne — (Roule, roule.)
Fille Aînée — … j’ai écrit en dessous, “Bonne St-Valentin” à Madame Mélanie…
Père indigne — C’est gentil.
Mère indigne — (Roule, rou–) As-tu dit un chat mort?
Père indigne – Oui.
Fille Aînée — … et j’ai signé mon nom en-dessous…
Mère indigne et Père indigne — Pouhahahahaha!
Fille Aînée — … et Madame Mélanie, elle était super contente. Pourquoi vous riez?
Mère indigne — Hahaha… hum. Pour rien, pour rien, chérie. Tu prendras bien un peu de prosciutto, n’est-ce pas? Prrfft-hum.
